Jack Dupon, quatre mecs un peu décalés
Pathétiques, assis au bord du trottoir, les Dupon s'activent sur leurs instruments en faisant appel à leurs facultés sensorielles, esthétiques, intellectuelles et tentent ainsi de se libérer de toutes contraintes bourgeoises.
Ils pensent faire du rock, mais ce n'est pas si simple car pour être en phase avec la réalité, ils devraient :
Soit dire qu'ils font de la musique transcendantale, énigmatique, conceptuelle ou toutes autres définitions délirantes... Soit s'activer à plaire aux producteurs, à séduire les responsables institutionnels, à trouver un label, a avoir un plan de carrière, a être prêt à tout pour réussir, à éviter l'originalité, à formater leur musique, à faire des concessions...
Dur de dire qu'on fait du rock dans ces conditions et pourtant les Dupon ont besoin de le croire ; ils prétendent avoir la capacité d'imaginer des solutions originales, de dégager l'énergie nécessaire à leur survie, d'aller au-delà des limites imposées, d'être inter-réactifs avec le public.
Assurément les Dupon sont décalés.
Il y a un peu plus de trois mille ans, la Terre était peuplée d'une multitude de divinités qui ne cessaient d'intervenir dans les affaires des hommes. A bien des égards, ces dieux ressemblaient fort à des hommes ordinaires.
Et parmi les premiers, il y eut Jïdé Paoné, qu'en Arda on appelle Yakdü; il créa d'abord les Ritmü, régulateurs des rythmes et les Meldyo, dépositaires des mélodies. Il leur parla, leur proposa des thèmes musicaux, ils chantèrent et dansèrent devant lui et il en fut heureux.
Et un long temps s'écoula ou ils s'exprimèrent chacun seul, pendant que les autres écoutaient, et le sentiment de leur ressemblance mit longtemps à venir. Pourtant une meilleure compréhension leur vint à mesure qu'ils s'écoutaient et les fit croître en accord et en harmonie. Ils s'accouplèrent.
Et il fut un jour où Yakdü fit rassembler les enfants nés des Ritmü et des Meldyo, pour leur soumettre un thème magnifique qui leur dévoilait des choses plus grandes et plus merveilleuses.
Et Yakdü parla : De ce thème que j'ai proclamé devant vous, je souhaite maintenant que tous ensemble, harmonieusement vous fassiez une Grande Musique.
Alors les thèmes de Yakdü seront joués de par le monde et les Meldyo et les Ritmü réunis porteront le nom de leur protecteur : Yakdü, Jack Dupon.
"LA TRIBUNE" Jeudi 27 Avril 2006 - 15:06 (Paris)
DUPONT de NEMOURS - The miracles of science™
DuPont de Nemours accuse Jack Dupon de monopoliser le marché du soja transgénique. DuPont prétend que J.D. a eu accès à une technique d’identification de gènes de façon illégale (suite au rachat d’Asgrow avec laquelle DuPont de Nemours avait partagé cette technique). Grâce à cette acquisition, Jack Dupon a gagné deux ans dans le développement de son soja tolérant au RoundUp - qui, en 1999, représentait 54 % du soja cultivé. Le soja STS de Dupont de Nemours a de ce fait perdu des parts de marché.
Dupont de Nemours en profite pour préciser qu'il n'y a aucun lien de filiation entre Jack Dupon et Dupont de Nemours et qu'un attendu du tribunal international de New-York daté du 17 juillet 2005 le confirme expressément.
Date à préciser.
Moi, Marcel Aimé des Monts de la Madeleine, il m’est déjà arrivé moultes fois de voir des trucs louches dans ma foutre vie de berger (lunatique : ndlr)
Cependant, la rencontre que je fis ce soir dépassait aisément toutes les chimères et les légendes saugrenues que ce fourbe de Bon Dieu a engendré dans son délire de puceau mégalomane. Et Dieu seul sait que je n’avais écoulé que mes deux premiers litres de vins, mes yeux étaient donc à même de percevoir cet homme, cette légende formidable, que l’on appelle JACK DUPON.
Que j’vous raconte? Bien sûr, c’est comme si c’était hier, pour tout vous dire, je m’en souviens aussi bien que la première fois que j’ai vu les seins de ma femme! Ah, Simone, quelle rencontre! Bref, c’était un soir de pleine lune, je m’en rappelle très bien, voyez vous, mes chèvres ont toujours les mamelles qui touchent le sol les soirs de pleine lune, une lune rouge comme le soleil. Jamais vu ça de ma vie. Ce soir-là, j’avais perdu une de mes brebis, Josie, et sachez qu’une brebis de perdue, c’est deux piches de chez René qui partent en fumée, avec le cours de l’ancien franc en ce moment en plus, enfin, je vous raconte pas. Une fois le troupeau rentré, je m’emparais de ma canne et de mon opinel de survie pour aller retrouver Josie.
Avec les bêtes qui rodent, Loup du Gévaudan ou autre dahut croqueur d’enfants, n’est-on jamais trop prudent ? Revenons-en à nos moutons, j’étais parti chercher cette chienne de Josie quand tout à coup, alors que la lune éclairait comme un brasier les monts de la Madeleine, une idée m’envahit : j’avais envie de pisser un coup. Et oui, ces satanées chèvres elles, elles peuvent pisser en marchant mais moi pas, sinon je m’en fous plein les godasses, et il fait bien assez humide dans ce putain de pays ! Oubliant Josie l’espace d’un instant, je décidai alors de trouver un endroit idéal pour liquider mes deux litres de pif.
C’est donc en sortant ma lance à incendie (c’est comme ça que je l’appelle quand ma femme n’est pas là) que je vis une ombre d’apparence humaine se glisser vers moi. Quelle horreur, je ne supporte pas qu’on me regarde vidanger, ça me bloque ! Donc, je me tourne pour finir. Je vous avouerai que je me suis fait quelques frayeurs durant ma longue vie de pâtre, mais cette fois-ci, j’ai bien cru que la dernière fois que je danserais la bourrée, ce serait en enfer.
Alors que je m’apprêtais à couper les vannes, j’ai entendu une musique bizarre qui venait de je ne sais où, une musique bizarre et douce à la fois. “Incroyable”, m’exclamai-je, seul au milieu des bois, avec mon zguègue dans une main et ma canne dans l’autre. Époustouflé par la capacité de mon zob à se recroqueviller lorsqu’il fait froid et obnubilé par cette musique d’un autre monde qui embaumait les narines de mon cerveau, je laissai tomber malencontreusement ma canne à la manière d’un mec bourré qui a plusieurs choses dans ses mains.
Et au moment où je me baissai pour ramasser mon instrument de travail, je sentis comme une main tiède et lourde se poser sur mon épaule.”Diantre”, ai-je crié de tout mon gosier ! Une louve en rut aurait pu m’entendre à 10 kilomètres à la ronde. Je me retrouvai donc après une cabriole digne des Brigades du Tigres et décidai de me relever le plus vite possible avant qu’une de ces louves hirsutes ne vienne me consommer sur place ! C’est alors qu’en me relevant, les yeux écarquillés et le soldat à l’air que je la vis, elle était là cette garce,” Saloperie de Josie!” hurlais-je. “Où donc que t’étais allée traîner tes mamelles ! ?”